Ce mois-ci, le programme des Bourses de la reine Elizabeth II (BRE) a franchi le cap des 3 000 boursières et boursiers, ce qui représente tout autant d’expériences qui ont rapproché des personnes aux horizons, communautés et pays variés pour apprendre, collaborer et contribuer à un changement positif. Et notre réseau mondial d’anciennes et d’anciens fait perdurer ces liens bien au-delà de l’expérience initiale du programme des BRE.

Mis sur pied par la FRH avec le soutien de la Fondation Jeanne Sauvé, le programme de mentorat BRE Jeanne Sauvé prend appui sur ces expériences pour jumeler des anciennes et anciens du programme des BRE à des leaders chevronné.e.s qui leur offrent un mentorat de neuf mois axé sur le développement de carrière, le leadership et l’apprentissage appliqué. Les mentoré.e.s peuvent également proposer des projets servant à l’avancement de leurs objectifs professionnels; s’ils sont retenus, ces projets sont admissibles à un financement pouvant atteindre 7 500 $.

Veronica Segbedzie, infirmière praticienne en santé au travail à Santé Canada et candidate au doctorat en santé maternelle et pédiatrique, a fait partie de la première cohorte du programme de mentorat. Jumelée à Philip Quinlan, directeur général de l’Agence du revenu du Canada et ancien participant à la Conférence canadienne du Gouverneur général sur le leadership en 2012, elle a vécu une expérience qui a transformé sa vision du leadership ainsi que sa perception de sa capacité à changer les choses.

Le leadership, ça se pratique – Rédigé par Veronica Segbedzie [traduction]

À mon entrée dans le programme de mentorat BRE Jeanne Sauvé, je m’attendais à obtenir du counselling de carrière et à élargir mon réseau professionnel. Je ne m’attendais toutefois pas à redéfinir radicalement la manière dont je conçois le leadership et mon rôle dans la création du changement.

En tant qu’infirmière praticienne, chercheuse et future responsable de politiques, j’ai toujours souhaité améliorer les résultats en matière de santé et influencer la façon dont sont faites les choses. Avant cette expérience, je percevais souvent le leadership du point de vue des postes occupés et des titres officiels. Mais grâce aux éclairages de mon mentor, j’ai appris à envisager le leadership sous un autre angle.

Le leadership ne se résume pas à un titre : c’est l’art d’utiliser ses connaissances, ses compétences, son jugement, ses réseaux, son influence et sa passion pour améliorer les conditions d’autrui.

Cette transformation, je la dois en grande partie aux leaders que mon mentor m’a présenté.e.s.

Il m’a mise en contact avec des professionnel.le.s travaillant dans les domaines de la santé, des politiques et du secteur public, et dont les carrières reflétaient bon nombre de mes propres aspirations. J’ai appris que pour véritablement avoir de l’influence, exercer une autorité formelle ne suffit généralement pas. Il faut plutôt tisser des liens, créer des partenariats et militer en faveur du changement.

De toutes ces discussions est ressorti à maintes reprises le constat de l’importance du bilinguisme dans le secteur public canadien. Mon mentor m’a encouragée à considérer la formation en français non pas comme un objectif pédagogique isolé, mais comme un investissement stratégique dans ma capacité à servir plus efficacement les Canadiennes et les Canadiens.

Apprendre le français à ce stade de ma vie s’est révélé être à la fois une source de fierté et une leçon d’humilité. Cela a mis à l’épreuve ma résilience, ma patience et ma capacité à sortir de ma zone de confort. Bien que je continue à parfaire mes compétences à l’oral et à l’écrit, j’ai réalisé des progrès significatifs et j’ai pris davantage conscience des barrières linguistiques et de l’importance de favoriser des espaces inclusifs et bilingues.

Mes expériences de mentorat et d’apprentissage linguistique se sont nourries l’une l’autre. Le mentorat m’a aidée à redéfinir ma conception du leadership, tandis que ma formation en français m’a fourni un moyen concret de mettre en pratique cette vision renouvelée. Ensemble, ces deux éléments ont approfondi ma compréhension de l’équité, de l’inclusion et du service public.

Avec le recul, le résultat le plus marquant de ce parcours est d’avoir pris conscience que le leadership n’est pas inné : c’est une qualité qui se pratique.

Je tiens à remercier mon mentor, la Fondation Rideau Hall et le programme de mentorat BRE Jeanne Sauvé de m’avoir aidée à développer mon leadership et de m’avoir dotée de nouveaux outils pour construire un Canada plus inclusif.