« C’était une invitation à découvrir et à redécouvrir le Canada. » Cette réflexion, partagée par Kaila de Boer à son retour chez elle, résume bien le sentiment que bon nombre de délégué.e.s ont eu du mal à formuler au terme de la Conférence canadienne du Gouverneur général sur le leadership 2026. Bien que chaque voyage d’études ait suivi un itinéraire différent, les participant.e.s ont fait état de résultats étonnamment similaires. Elles et ils sont revenus avec une compréhension plus approfondie du Canada, non pas en trouvant des réponses à des questions complexes, mais en découvrant de meilleures questions à se poser.

Pendant neuf jours, seize groupes d’études ont sillonné toutes les provinces et tous les territoires. Les programmes étaient volontairement exigeants. Les journées commençaient tôt et étaient bien remplies, ponctuées de visites sur le terrain, d’échanges avec les communautés, de tables rondes et de longs trajets en autobus qui devenaient souvent des moments de réflexion privilégiés. Dans de nombreuses régions, les participant.e.s ont rencontré plus de 50 organisations et des centaines de personnes issues de divers horizons : dirigeant.e.s autochtones, représentant.e.s du monde des affaires, syndicalistes, professionnel.le.s de l’éducation, professionnel.le.s de la santé, dirigeant.e.s communautaires, entrepreneur.e.s, artistes, jeunes et fonctionnaires.

Toutefois, ces voyages d’études n’ont pas pour but de transformer les participant.e.s en spécialistes d’une région. Leur objectif est plus ambitieux : remettre en question les idées reçues en substituant l’expérience vécue aux connaissances de seconde main. À maintes reprises, les participant.e.s ont expliqué comment des enjeux qu’elles et ils comprenaient auparavant par l’entremise de reportages, de manchettes ou de leur expérience professionnelle étaient devenus plus nuancés après avoir entendu le témoignage des personnes directement concernées.

Mark Bellefleur, qui a parcouru la Colombie-Britannique, a exprimé cette idée dans une réflexion qui a trouvé un écho auprès d’un grand nombre de participant.e.s :

« Chaque point de vue révèle quelque chose, mais dissimule également quelque chose. »

Au terme de neuf jours de rencontres à travers la province, il est revenu avec « une meilleure appréciation des personnes, des communautés et des dirigeant.e.s qui façonnent l’avenir du Canada ». Ses propos reflétaient l’un des enseignements clés de ces voyages d’études : pour comprendre les défis les plus complexes auxquels le Canada est confronté, il faut prendre en compte de nombreux points de vue, et non pas un seul.

Ce même constat a émergé aux quatre coins du pays. À propos de son voyage d’études au Yukon, Jenny Shiller a écrit que cette expérience avait renforcé « l’importance de l’écoute attentive, de la curiosité et de la volonté de comprendre avant de se faire comprendre ». Madison Zuppa a fait écho à ce sentiment, expliquant comment cette expérience l’avait encouragée à « accepter l’incertitude, à moins parler et à écouter davantage ».

Plusieurs participant.e.s ont reconnu que cette expérience avait parfois été inconfortable. Elles et ils ont découvert des points de vue qui remettaient en question des idées reçues de longue date, ont été confrontés à des réalités très différentes des leurs, et se sont retrouvés face à des questions auxquelles il n’était pas facile de répondre.

Ivan Watson a quant à lui qualifié ce voyage d’études d’expérience « bouleversante, transformatrice et source de changement de paradigme », expliquant que si les chiffres (neuf jours, plus de 50 rencontres, des milliers de kilomètres parcourus) témoignent de son intensité, « ils ne peuvent toutefois pas traduire toute la profondeur et l’ampleur des enseignements tirés et des liens tissés ».

Le plus surprenant pour les participant.e.s est peut-être que les enseignements ne provenaient pas uniquement des communautés visitées : il émanait également des quinze personnes qui voyageaient à leurs côtés.

Chaque groupe d’études réunissait des responsables issus de régions, de secteurs, de professions et de parcours différents. Au cours de ces longues journées passées à voyager, à réfléchir, à débattre et à assimiler ce dont elles et ils ont été témoins, les participant.e.s ont été autant interpellés par leurs compagnons de route que par les lieux visités. Beaucoup ont décrit ces conversations comme l’un des aspects les plus enrichissants de cette expérience.

Comme l’a souligné Jahmoyia Smith :

« Il y a eu des rires pendant les longs trajets en autobus. Des larmes pendant les conversations difficiles. Des échanges sincères sur la justice, le sentiment d’appartenance, l’identité, le leadership et l’avenir de notre pays. »

À la lecture des centaines de réflexions partagées à l’issue de la Conférence, il apparaît que les participant.e.s ne sont pas rentrés de leur voyage avec le sentiment d’avoir percé tous les mystères du Canada. Au contraire, elles et ils ont acquis une meilleure compréhension de sa complexité, de sa diversité et de l’importance d’aborder les conversations délicates avec humilité.

C’est peut-être Josiah Gado qui l’a le mieux exprimé :

« Après 15 jours, des milliers de kilomètres parcourus et une multitude d’hôtes issus de secteurs allant de l’informatique quantique à l’hôtellerie, je réalise plus que jamais que je n’ai pas les réponses. Tout au plus ai-je de meilleures questions (et davantage de questions). »