Dans l’archipel des Bahamas, le terme « durabilité » est plus qu’un mot à la mode. La fragilité des récifs coralliens, l’insécurité alimentaire et l’intensification des changements climatiques poussent les habitant.e.s à intégrer la durabilité dans tous les secteurs de leur économie et toutes les facettes de leur vie, qu’il s’agisse des systèmes alimentaires ou du tourisme. Grâce au projet Global Perspectives on Sustainability through Education des boursières et boursiers de la reine Elizabeth (BRE) à l’Université Dalhousie, les étudiant.e.s en ont appris davantage sur ces défis et se sont servi.e.s de leurs apprentissages en contribuant à des solutions qui seront encore utiles bien après leur stage.

Organisé en partenariat avec l’Université des Bahamas et l’Institut Cape Eleuthera (ICE), le projet réinvente complètement le modèle d’éducation internationale traditionnel. Il intègre les récipiendaires de bourses dans les priorités des Bahamien.ne.s, renforçant les capacités locales tout en générant des idées pertinentes à l’échelle mondiale, plutôt que de se limiter à des expériences de stage à court terme et à des recherches déconnectées des communautés.

Pour les Bahamas, l’impact est tangible. À l’ICE, les BRE affilié.e.s à l’Université Dalhousie – des étudiant.e.s de premier cycle – soutiennent la recherche appliquée dans les domaines de la conservation marine, de l’agriculture durable et des infrastructures résilientes. Dans le cadre des stages en recherche marine, les étudiant.e.s travaillent avec des scientifiques sur l’écologie des tortues et des requins, la pêche durable et, plus urgemment, la restauration des récifs coralliens. En vue de remédier à la détérioration des récifs résultant de la pollution et du réchauffement des océans, les boursières et boursiers font des tests et instaurent des techniques restauratrices novatrices qui accélèrent la régénération naturelle, préservent les moyens de subsistance et soutiennent les écosystèmes protecteurs des côtes.

Hors des mers, les boursières et boursiers aident à trouver des solutions à l’insécurité alimentaire par le biais de l’agriculture durable et de l’aquaponie. Les systèmes en circuit fermé de l’ICE utilisent les déjections de poissons pour fertiliser les cultures légumières consommées localement, ce qui réduit la dépendance envers les denrées alimentaires importées tout en diminuant les coûts environnementaux et économiques. Ces systèmes servent également de laboratoires vivants et représentent des solutions évolutives pour les communautés insulaires qui rencontrent des difficultés similaires.

Le volet des systèmes durables renforce davantage cet impact; les boursières et boursiers y appuient des initiatives et innovations en lien avec l’énergie solaire, le traitement des déchets et la mobilisation communautaire. Les connaissances s’appliquent bien au-delà du campus, puisque les étudiant.e.s échangent régulièrement avec les résident.e.s, en plus d’enseigner les sciences aux élèves de l’école intermédiaire locale, de s’inspirer des témoignages entendus et de mettre en commun des outils et pratiques qui aident les quartiers à mieux s’adapter.

Les répercussions se font sentir jusque dans les universités et les politiques. Le partenariat soutient le programme de maîtrise en recherche de l’Université des Bahamas en offrant aux étudiant.e.s des occasions de recherche à l’international et en contribuant à mieux former les diplômé.e.s. Mais l’apprentissage étudiant n’est pas le seul objectif des travaux de recherche menés dans le cadre de ce programme : ils alimentent également des articles évalués par des pairs ainsi que la prise de décisions fondées sur des données probantes, et ils permettent au peuple bahaméen de mieux se faire entendre dans les débats mondiaux sur le développement durable.

Pour l’Université Dalhousie, ce programme montre à quoi peut ressembler l’éducation éthique, réciproque et internationale. Pour les Bahamas, il illustre à quoi peut ressembler la durabilité dans un contexte universitaire, c’est-à-dire en offrant de meilleurs réseaux de recherche et de collaborateurs.trices contribuant à l’avenir du pays.

À une époque où les problèmes de climat et de durabilité s’aggravent partout sur la planète, ce projet BRE illustre bien comment l’impact peut être multiplié lorsque les apprentissages sont ancrés localement et que les bénéfices se répercutent bien au-delà, et longtemps après le retour des étudiant.e.s chez eux.