Dans les Caraïbes, les maladies non transmissibles (MNT), comme le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, augmentent à un rythme fulgurant. La transformation des systèmes alimentaires, la disparition progressive de l’alimentation traditionnelle et la sédentarité croissante ont de lourdes conséquences sur la santé publique. Pour relever ces défis, il ne suffit pas de mettre en place des interventions à court terme. La réponse à cette crise qui ne cesse de s’aggraver passe par des recherches sur le terrain, des solutions adaptées à la culture et un renforcement durable des systèmes de santé et d’éducation.
Dans le cadre du programme des Bourses de la reine Elizabeth II (BRE), le projet Strengthening Capacity to Tackle Non-Communicable Disease in the Caribbean de l’Université de la Saskatchewan vise à répondre à ces besoins en consolidant l’expertise régionale et en soutenant les approches communautaires axées sur la prévention et les soins, en partenariat avec l’Université des West Indies.
La réussite d’un tel projet repose sur la collaboration.

Les boursières et boursiers des deux universités, qui se spécialisent en nutrition, en santé publique, en soins infirmiers et en éducation, travaillent de concert avec des cliniques de première ligne, d’autres universitaires et des partenaires communautaires de la Barbade et de la Jamaïque pour comprendre les réalités locales et cibler les facteurs de risque modifiables, comme l’alimentation et l’activité physique, en tenant compte de la culture locale.
Pour les partenaires des Caraïbes, les retombées sont à la fois pratiques et systémiques. Les recherches menées dans le cadre du programme visent à enrichir le savoir local. Un membre de l’équipe de l’Université des West Indies, originaire de la Jamaïque, a notamment étudié les caractéristiques nutritionnelles des lentilles abondamment consommées dans son pays, ce qui a donné lieu à une revue exploratoire susceptible d’orienter tant des recherches futures que les politiques publiques. D’autres projets collaboratifs comprennent des analyses épidémiologiques approfondies visant à comprendre ce qui cause la prévalence élevée des MNT et à mettre sur pied des interventions ciblées.
Le projet améliore également la collecte de données et la planification du système de santé. À la Barbade, une des études financées par les BRE évaluait la possibilité d’effectuer des enquêtes par téléphone portable pour récolter des données populationnelles sur les taux de MNT. Un plan de mise en œuvre a ensuite été élaboré pour soutenir l’adoption de cette approche, ce qui montre bien comment les bourses peuvent mener à des outils d’aide à la prise de décision en santé publique.
Bien que la recherche porte sur la réalité des Caraïbes, ces travaux ont des retombées directes sur les communautés du Canada. En effet, des travaux menés en parallèle avec les communautés des Premières Nations – qui connaissent elles aussi des transitions alimentaires similaires, ainsi que le fardeau des maladies chroniques – s’appuient sur les conclusions de ce projet. En faisant connaître les approches dans les différentes régions, le projet a permis de créer un échange de savoirs bénéfique pour les communautés de différents pays confrontés à des problèmes de santé similaires.
Dans les Caraïbes, les MNT sont aujourd’hui responsables d’environ trois décès sur quatre, dont un grand nombre de morts prématurées, ce qui illustre la nécessité de renforcer le leadership et les capacités locales en recherche tout en mettant en œuvre des interventions spécifiques. L’intégration des boursières et boursiers BRE dans les établissements et systèmes de santé caraïbéens favorise la disponibilité des ressources humaines à long terme, l’enrichissement des systèmes de données et la consolidation de partenariats nécessaires à la prévention et au contrôle des MNT. Le projet Strengthening Capacity to Tackle Non-Communicable Disease in the Caribbean mise sur la recherche et le leadership sur le terrain pour s’attaquer à l’augmentation constante du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires à la Barbade et en Jamaïque. Grâce à des études communautaires sur l’alimentation, les systèmes alimentaires et les nouvelles façons de récolter les données (comme les enquêtes par téléphone portable), plus de données pertinentes sont recueillies au niveau local, ce qui prépare les futurs professionnels de la santé à transposer ces résultats en mesures préventives et en politiques durables.
En fin de compte, le renforcement des capacités constitue l’aspect le plus durable du projet, puisque l’acquisition de compétences en recherche, de compétences culturelles et d’expérience en milieu communautaire par la relève en santé favorisera la résilience à long terme des systèmes de santé locaux. Comme le fait remarquer le Dr Hassan Vatanparast, responsable du projet, les communautés – au lieu de bénéficier passivement des interventions – peuvent devenir d’importants vecteurs de changement lorsqu’elles disposent des données, des outils et des partenariats dont elles ont besoin.
Dans la lutte aux maladies non transmissibles, ce projet BRE montre bien comment la collaboration internationale peut appuyer les solutions locales et générer des retombées qui durent bien plus longtemps qu’un simple échange.
En savoir plus sur le programme des Bourses de la reine Elizabeth.