Teresa Marques, Présidente-directrice générale, Fondation Rideau Hall
Le mois dernier, la Fondation Rideau Hall a réuni les bénéficiaires de subventions Catapulte Canada de partout au pays pour une rencontre d’envergure nationale axée sur le partage de connaissances, la collaboration et le renforcement des systèmes qui viennent en aide aux jeunes. Ce rassemblement a fait suite à l’un de nos appels ouverts les plus convoités à ce jour. En effet, nous avons reçu plus de 700 demandes de subvention totalisant plus de 88 millions de dollars de la part d’organismes jeunesse du Canada – et l’enveloppe budgétaire que nous avions n’était que de 4 millions de dollars!
Cette forte demande exprime une réalité qui va bien au-delà d’un simple cycle de subventions. Elle reflète les besoins d’un secteur qui est surexploité et mis à rude épreuve, mais qui demeure plein d’espoir, innovant, profondément engagé et toujours en quête d’une stabilité durable. Elle conforte en outre l’existence de Catapulte et sa mission : aider à développer, à entretenir et à renforcer l’écosystème qui entoure les jeunes pendant qu’ils et elles apprennent, exercent leur leadership et tracent leur voie.

et elles apprennent, exercent leur leadership et tracent leur voie.
Les discussions que nous avons eues au rassemblement, conjuguées aux centaines de demandes examinées, nous ont permis de dégager trois thèmes qui nous aideront à faire mûrir notre réflexion sur les prochaines étapes du programme Catapulte Canada :
1. La demande pour des programmes jeunesse augmente plus rapidement que les fonds nécessaires à leur financement
Partout au pays, les organisations étendent leurs programmes, ajoutent des listes d’attente, essaient de répondre aux besoins grandissants en santé mentale et tentent de combler les lacunes des systèmes publics qui sont à bout de souffle. Dans le dernier appel ouvert de Catapulte, les demandes ont largement excédé le financement disponible. Il est clair que les communautés ont besoin de plus.
Le secteur philanthropique a un rôle important à jouer à cet égard. Un financement flexible et axé sur l’équité aide les organisations à s’adapter, à essayer de nouvelles approches et à bâtir des infrastructures qui favorisent des retombées à long terme. Comme l’un des bénéficiaires l’a mentionné lors du rassemblement :
« Ce financement de la FRH nous permet de mettre en œuvre des services à plusieurs niveaux qui, associés à nos modèles de mentorat et de soutien individuel, créent des parcours complets pour un impact plus profond et à long terme dans nos communautés. »
Il est essentiel de renforcer cet écosystème, et Catapulte continuera à être une plateforme qui aide les communautés à faire grandir ce qui fonctionne pour elles.
2. Derrière chaque subvention, il y a tout un groupe de personnes qui œuvrent à améliorer les systèmes destinés aux jeunes
S’il y a bien une chose qui est claire avec la communauté Catapulte, c’est que l’apprentissage ne se fait pas dans l’isolement. Chaque projet subventionné requiert la collaboration d’employé.e.s, de bénévoles, d’Aîné.e.s, d’enseignant.e.s et de leaders communautaires afin de corriger des lacunes qu’aucun système particulier ne sait réparer. Plusieurs organismes nous ont dit être les premiers à être contactés par les familles lorsqu’un jeune est en difficulté, lorsque le soutien scolaire ne suffit pas ou lorsqu’un jeune qui arrive au pays a besoin d’un lieu d’appartenance.

Lors du rassemblement, les bénéficiaires de subventions ont parlé ouvertement de la charge qui pèse sur leurs épaules, mais aussi de la force qu’engendre le fait de se sentir connecté à un réseau d’envergure nationale. Pouvoir partager des modèles, des outils et des idées aide les petits organismes à se sentir moins seuls, et les plus grands, à déployer de nouvelles innovations dans de nouvelles communautés. C’est le genre de force collective qui permet aux communautés de faire évoluer ce qu’elles ont bâti.
« L’esprit communautaire qui régnait lors de cette rencontre était très accueillant, et j’ai beaucoup apprécié toutes les relations que nous avons nouées. Je suis repartie avec des idées claires sur les petits changements que nous pouvons apporter pour renforcer notre programme. »
3. La confiance et l’aide accordées aux jeunes leur permettent d’être aux commandes de leurs propres apprentissages
Le thème du leadership des jeunes – abordé dans les demandes, les tables rondes et les discussions de couloirs – est possiblement le plus fort d’entre tous. Les bénéficiaires de subventions nous ont maintes fois rappelé que les jeunes n’attendent pas d’avoir la permission pour prendre les commandes. Lorsqu’on leur confie des responsabilités, qu’on leur donne l’occasion de concevoir des programmes ou de parler de leur réalité, ils et elles proposent des idées et des solutions que les adultes ne pourraient trouver seuls.
Les jeunes ne sont pas seulement les leaders de demain : ce sont des acteurs et actrices clés du présent. Leurs voix contribuent à rendre les écoles plus sécuritaires et les communautés plus fortes, à faire en sorte que les apprentissages soient ancrés dans la culture et à ce que de nouvelles approches soient développées en matière de technologie, de créativité et d’engagement civique. Avec de la confiance et du soutien, leurs idées peuvent fleurir.
Les discussions qui ont eu lieu au rassemblement cette année ont permis de clarifier une chose : le travail de la communauté Catapulte est réel, local et souvent difficile, mais il change la vie de jeunes personnes chaque jour. Ce que nous avons entendu indique clairement où les besoins sont les plus criants et comment le travail de la FRH peut continuer à renforcer l’écosystème entourant les jeunes. Le dynamisme que nous sentons ici émane de ces gens qui aident les jeunes jour après jour.
