En novembre dernier, la Conférence mondiale des peuples autochtones sur l’éducation (WIPCE) a rassemblé plus de 3 800 personnes déléguées à Tāmaki Makaurau (Auckland). Des enseignant.e.s, des leaders, des étudiant.e.s et des piliers communautaires d’origine autochtone se sont rassemblés pour échanger leurs idées sur la revitalisation linguistique, la formation des enseignant.e.s et l’apprentissage communautaire.
Pour la Fondation Rideau Hall (FRH), la WIPCE était une occasion d’approfondir ses connaissances et de renforcer ses liens dans le cadre de l’Initiative de formation des enseignant.e.s autochtones (FEA). Bill Mintram et Randa Abader, de la FRH, se sont joints à de nombreux bénéficiaires de subventions de l’Initiative FEA, dont plusieurs ont présenté ou animé des tables rondes ou des ateliers.
L’un des faits saillants de la WIPCE fut certainement la commandite, par la FRH, de la table ronde sur la revitalisation linguistique et culturelle, sur la scène principale. S’y trouvaient deux leaders et bénéficiaires de subventions de l’Initiative FEA de la FRH : Louise Flaherty, défenseure des langues inuites et co-fondatrice d’Inhabit Education, et Geraldine King, chercheuse en éducation axée sur le territoire anichinabé et co-directrice de l’Office of First Nations and Inuit Education (OFNIE) de l’Université McGill. Elles y étaient aux côtés de la boursière hawaïenne Lilikalā Kameʻeleihiwa et des co-présidents maoris, Valance Smith et Rihi Te Nana.


Voici trois points clés à retenir pour orienter nos efforts au cours des prochains mois.
1. Les programmes d’éducation autochtone dirigés par les communautés ont la cote
Tout au long de la semaine, on a clairement pu voir que les communautés du monde entier font évoluer leurs modèles d’apprentissage en fonction de leur réalité linguistique, de leur contexte identitaire et du savoir local. Des approches d’apprentissage en bas âge chez les Inuits aux foyers de revitalisation linguistique chez les Maoris en passant par les systèmes d’immersion chez les Hawaïens, il a été démontré que la formation des enseignant.e.s dirigée par des Autochtones n’est pas seulement possible, elle est déjà en plein essor.
Pour la FRH, voir les leaders du Canada discuter avec leurs homologues venus d’ailleurs a mis en lumière combien ces efforts sont étroitement liés. La portée et la visibilité de ce travail à l’échelle mondiale a renforcé l’importance de conserver les perspectives et le leadership autochtones au centre même de nos subventions et partenariats.
2. L’écosystème d’éducation autochtone canadien est fort et florissant
Avec près de mille Canadiennes et Canadiens délégués à la WIPCE, on peut dire que les programmes de formation d’enseignant.e.s autochtones, les universités, les organisations communautaires et les leaders en éducation d’ici ont été bien représentés. Plusieurs organisations et personnes avec qui nous collaborons et que nous soutenons en tant que fondation ont été à la clé du succès de ce rassemblement en agissant comme conférenciers et conférencières, leaders, modérateurs et modératrices ou animateurs et animatrices.


Représentant l’équipe de la FRH, Bill Mintram, directeur des relations avec les Autochtones et le Nord, et Randa Abader, gestionnaire des partenariats et des subventions de l’Initiative de formation des enseignant.e.s autochtones (FEA), ont été approchés à maintes reprises par les participant.e.s, qui disaient apprécier notre travail et souhaiter faire connaissance. Cela démontre bien la force de l’écosystème canadien et le lien de confiance qui s’est développé au fil de nombreuses années à tisser des liens. Après des discussions sur les recherches et les subventions financées par la FRH, on a également demandé à Bill et Randa de partager des ressources pouvant servir à des programmes de formation d’enseignant.e.s dans d’autres pays, ce qui témoigne de l’intérêt international croissant envers l’inspirant modèle de la FEA au Canada.
La FRH a également organisé une rencontre en soirée à Auckland avec les bénéficiaires de subventions, les arbitres, les membres du comité consultatif ainsi que d’autres personnes impliquées dans l’Initiative FEA au Canada. Cela a permis de prendre le temps nécessaire pour renouer des liens, partager des connaissances et tisser des relations qui resserreront la communauté de la FEA dans les prochaines années.

3. Les relations sont la base même de l’évolution des systèmes
Même si le programme officiel était riche, certains des moments les plus instructifs ont eu lieu grâce à des discussions informelles dans le Village de la WIPCE, entre les séances ou à l’heure des repas. Apprendre comment la revitalisation linguistique, la formation des enseignant.e.s et la gouvernance communautaire se font dans d’autres communautés sera très utile pour notre travail.
Ces échanges montrent que les progrès réalisés en matière d’éducation autochtone prennent naissance dans la confiance, les relations durables et le fait de prioriser les voix de la communauté. Chaque lien créé en Aotearoa consolidera le réseau de personnes qui soutient les enseignant.e.s, les élèves et les communautés autochtones du Canada.
La présidente-directrice générale de la FRH, Teresa Marques, s’en est réjouie :
« La WIPCE rassemble les leaders qui façonnent l’avenir de l’éducation en se basant sur l’identité, la langue, la communauté et la bienveillance. C’est un privilège de pouvoir se soutenir et apprendre au sein de ce groupe mondial. »
Les relations et les connaissances qui auront été rendues possibles dans le cadre de la WIPCE 2025 orienteront la prochaine étape de l’engagement de la FRH visant à solidifier la formation des enseignant.e.s autochtones et à soutenir l’apprentissage communautaire partout au Canada.